Étiquettes

, , , , , , , ,


Voici donc la suite de notre cycle sur ce temps si français qu’est le déjeuner. Après son introduction historique, voici quelques détails pratiques qui comme les autres articles en découlent directement. Celui-ci, dont le sujet est le couvert, précède celui du cas plus rare sur le service. Dans les deux cas il s’agît d’une illustration du principe de différentiation qui s’établit entre le dîner et le déjeuner.

Ainsi afin de manifester l’aspect du déjeuner, ce temps de mi-journée et non plus de la matinée, la bonne société parisienne va ânonner un postulat : La Simplicité !

Le couvert sera dressé plus simplement, dans un espace au décor plus austère que celui des dîners, quand il n’y a pas de changement de décor possible, il est possible de ne pas napper la table et de mettre d’élégants sets de table, si la table est élégante au naturel ! Ou de disposer une nappe plus ordinaire. Et j’ai bien dit une nappe, et non une toile cirée !!!

Concernant le dressage du couvert et donc le choix des couverts, vous me suivez j’espère, voici quelques indices.

Les assiettes choisies seront sobres, tout en étant élégantes. Un brin champêtre, ou à motifs Là c’est possible. Il n’y a pas besoin d’assiette de présentation. Elle est posée à table face à la chaise. De part et d’autre seront disposés au maximum deux couverts,le couteau à fromage, et la fourchette à dessert seront en haut de l’assiette, entre les verres et cette dernière. J’en profite pour faire une digression, je ne sais quel snobisme touche les personnes qui ont besoin d’une fourchette pour leur fromage ! Le fromage se prend en France avec le pain, et sans fourchette ! Il n’y a rien de plus agaçant et somme toute faux, que les personnes atteintes de componction cérébrale (ne cherchez pas, ce n’est pas une véritable pathologie) qui goûtent leur fromage du bout des lèvres avec leur fourchette à dessert ! Ceci étant dit…

Le couteau à fromage se placera au plus prêt des verres, la fourchette à dessert prêt de l’assiette. Ces couverts sont croisés, la pointe du couteau vers la gauche et celle de la fourchette vers la droite ! Deux verres maximums seront placés à table, l’un pour l’eau, l’autre pour le vin. Il est inutile à déjeuner d’avoir trop de vins différents, là encore éventuellement deux vins, un étant préférable.

Les grands couverts se placent pour les couteaux à droite, lame vers l’intérieure de l’assiette, après tout vous n’allez pas, a priori trancher la main des autres convives. De même à moins d’être en été, aucune grande cuillère à droite, à moins de servir une soupe froide. Les fourchettes iront à gauche, à « la Française », ou « l’Anglaise », pour la différence de style, il y a aura un autre article.

Le pain sera servi quant à lui en corbeille et coupé, et non sur une quelconque assiette dite à pain. Si par hasard vous étiez Belges, ou bien plus obtus que moi, si vous le faites, pensez au beurre. Sachez que le pain à table se rompt avec les mains, il ne se coupe pas ! La même chose s’il vient entier sur la table, il sera rescindé par chacun des convives et non par les personnes recevant qui en découperaient pour les autres !

La serviette quant à elle est placée dans l’assiette, car ce n’est pas un dîner où il pourrait y avoir des amuse-gueules, ou un souper où il y aura une soupe… comme son nom l’indique.

Enfin le nombre de plat est aussi limité, à trois, quatre, si vous incluez le fromage qui n’est pas un plat, avec donc, entrée, plat, éventuellement fromage voire l’accompagner d’une salade verte, et dessert.

Voilà donc les petits usages et les quelques convenances de l’art de bien déjeuner, et je suis sûr que désormais vos déjeuners sauront être délicieux.