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Continuant mon observation du monde des trains, voici à nouveau quelques réflexions. Sachez que je ne passe pas mon temps dans les trains, mais il est vrai qu’en ce moment je suis invité à me déplacer régulièrement et l’éprouvante promiscuité des trains oblige à certaines constatations.

Il en est ainsi de l’étrange ruminante assise face à moi. Manteau de cuir noir, restée dans les années 80, écouteurs i-pod nano campés dans les oreilles, so 2000, boucle d’oreille ethnique, 2005, cette personne rumine toujours et encore telle une héroïne d’un clip de Sabrina, où les brunes ne comptent pas pour des prunes en 2012. Grâce à cela, j’admire le point rouge de sa lèvre inférieure, le plombage de ses molaires ; concentrée sur son i mac blanc, 2008, elle abreuve le carré où nous sommes assis d’un très gracieux bruit de pâte mouillée, que fait un chewing-gum usagé en bouche.

Je ne le répéterai jamais assez. Dans un lieu public les autres existent ! Visiblement cette jeune femme de trente cinq ans semble plus à plaindre qu’autre chose. En effet jamais personne ne l’a assez aimée pour lui expliquer que la mastication se pratique la bouche fermée, ou pire qui sait même, si connaissant une enfance tragique, elle ne fut pas recueillie par une Normande, qui lui prodigua pour seul amour ce goût pour la mastication. Alors à j’ai de la chance car ce chewing-gum ne passe pas dans ses différents estomacs. Du moins cela nous est épargné !

Mais de grâce, la nature ne m’a pas fait pâtre,  ou l’un de ces cow-boys américains, mais simplement un professeur de savoir-vivre qui, passant par là, n’osa pas lui confier son angoisse des ruminants, de peur de… Un chewing-gum se consomme la bouche fermée ! Enfin Merci Hollywood !