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Monsieur le Président,

Madame le Ministre,

Mon but n’est pas de m’immiscer dans la vie politique française ayant toujours préféré flirter avec la diplomatie, qu’avec les arcanes directes du pouvoir. Mais voilà depuis quelque temps quelques éléments heurtent mon oreille. Et aujourd’hui a été la goutte d’eau qui fit déborder le trop-plein de mon vase.

Par où commencer ? « La première impression est toujours la bonne, surtout si elle est mauvaise », cette phrase attribuée tantôt à Coco Chanel, tantôt à Winston Churchill, en dit long sur cette notion d’impression. De nombreux chercheurs ont, en psychologie sociale, tout comme en sociologie, étudié cela. Et il s’avère selon les cultures que trois éléments dominent. Le premier est l’apparence (50 %), le deuxième le comportement (40 %) le troisième le langage (10 % ) et si l’on s’intéresse à l’Europe nous nous apercevons qu’il y a un équilibre fin entre les trois, le langage étant à (38%).

Je suivrai donc cet axe, Monsieur le Président pour cette lettre. L’apparence… Que dire de vos chemises trop grandes, de vos cravates trop sombres, je vous renvoie pour cela à la lecture sur ce même blog des rapports entre la cravate et les circonstances de la vie. Cela passerait sur monsieur tout le monde, mais pas sur celui qui doit incarner l’État et l’ensemble des prérogatives de puissance publique qui vont avec, qui a l’heure actuelle ressemble à un chauffeur en deuil de notre économie, oserais-je ironiser ? Je ne demande pas que vous ne portiez que des chemises à bouton de manchette, ce qui serait pourtant le BABA en tant que Président, comme l’un de vos ministres à chaussettes rouges le fait, mais au moins que vous ne portiez pas, comme on a pu le voir lors de ce déplacement terrible en banlieue des chemises froissées ! Ne pouvez-vous pas les faire repasser ? Dans la vie « normale », n’importe quel employé se serait déjà fait remonter les bretelles pour une telle tenue. De même, Monsieur le Président, le nœud de votre cravate ne va pas, optez, je vous en prie, pour un nœud double et non le demi tout en rondeur que vous arborez, mais qui donne l’impression que vos cravates sont de travers !

Le comportement ? Hum celui où il y aurait le plus à dire… Non pas uniquement sur la moralisation de la vie publique, vos experts, je l’espère ont des lettres allant de Foucault aux pratiques scandinaves sur ce sujet, ni même sur le protocole avec lequel vous semblez parfois avoir des difficultés. Je ne ferai pas non plus un rappel à la nécessité du protocole et de son utilisation comme attribut et respect de la fonction, quelle qu’elle soit, mais si vous cherchez un modèle de décontraction souvenez-vous qu’en Angleterre, on ne tutoie que la Reine et Dieu. Mais voilà quelques règles de comportement sur la démarche. Les épaules dégagées, le menton doit rester parallèle au sol, et les bras le long du corps, inutile de faire cette espèce de démarche qui semble un résidu de votre service militaire.

Monsieur le Président, s’il est vrai comme le sous-entend la chanson, que vous ne savez pas faire le baisemain, ce n’est pas grave, on peut très bien vivre sans. Mais par pitié, demandez à vos ministres qu’ils aient un langage correct. On a déjà eu Madame Morrano qui avait le phrasé d’une poissonnière qui aurait passé trop de temps aux Mureaux, alors je vous en prie, ne laissez pas vos ministres employer des expressions aussi clivantes et terribles qu’« au plaisir », comme j’ai pu l’entendre de la bouche de Madame le Porte Parole du Gouvernement. Suis-je obligé de rappeler comme dans mes formations des « on-dit/on ne dit pas « ??? Comment expliquer à des collaborateurs représentant un fleuron de l’industrie française qu’est le luxe, qu’ils ne peuvent dire « au plaisir », si un ministre l’emploie ? Alors Madame le Ministre, on dit au revoir Monsieur, ou bien au revoir Madame, ou à la limite, au revoir messieurs les journalistes. Mais pas « au plaisir »… ce n’est pas possible !

Je suis abrupte ? Peut-être, mais ces éléments sont discriminants. Ces points sont clivants lorsqu’ils ne sont pas maitrisés, alors que gérés ils sont neutres. Si vous ne me croyez pas, j’invite vos conseillers à se renseigner sur les différentes études qui ont été menées à ce sujet. Dans les études européennes, le langage et sa maitrise (sens, contre sens et aspect englobant/clivant) renvoient à 38 % des cas et motif d’exclusion. En Europe il y a donc un équilibre entre chacun des points. Ce que traduit cette étude ? C’est qu’en Europe les interlocuteurs demandent une maitrise de l’apparence, du comportement et d’un langage qui soient adéquats à sa fonction.

Allez, allez, au plaisir de voir bientôt un gouvernement qui ressemble à quelque chose et parle correctement, non pour satisfaire une élite excluant, mais pour représenter une France dont la langue est l’un des plus beaux et des plus précieux outils ! N’oublions pas que certains se sont battus en français pour leur liberté !

PS : Si vous notiez des erreurs orthographiques n’hésitez pas à m’en faire part…